• Pasolini dans le panier, la folle cavalcade d'E-T l'extraterrestre

    par piotr bresh, archéologien des média, enthomologue des créations

     

    généralement peu discutée l’anecdote pasolisberg (ou spilini) comme la nomment les historiens, mérite qu’on s’y attarde un peu.
    Pour le dire simplement pasolini a été approché par le très très jeune spielberg début 60. Il a légendairement été question d’un film en commun, Un brûlot pharaonique façon cecil B 200000 ou fritz « donne sa » lang « au cat ».
    Pépins, combines, coups fourrés foireux dans l‘Italie des 70’s, magouilles en tout genre et projet qui s’éternise, on a finalement été abandonné au grand damn de spielberg qui y voyait alors le début de sa carrière. Il devra attendre un peu encore, la porte hollywoodienne ne restera pas longtemps fermée. Pasolini ne verra jamais le hollywood walk of fame et mourra prématurément d’une overdose de cotes fêlées, d’une pneu-manie mal placée sur la poitrine, d’une lacération de testicule aggravée etc…
    Son médecin lui avait bien recommandé de bien se couvrir mais le vent de la justice italienne est parfois mauvais. Prête à conclure au suicide. L’affaire n’est pas ici aux anecdotes connues de tout cinéphile un tant soit peu attentionné, pour l’heure, penchons-nous sur la fantastique rencontre spielberg-pasolini et E-T surtout.
     E-T aurait été envisagé pour le rôle du christ dans l'évangile et réciproquement Pasolini a
    sous-loué un de ses acteurs le temps d'un essai anticipé d’ E-T en 63, le tout jeune Spielberg disposait déjà d'une photo couleur remarquable et aurait par la suite refusé l'échange que les artistes s'étaient mutuellement proposé. Le contexte est flou, spielberg tenait plus que quiconque à ce projet, il en a pourtant signé la fin pour d’obscure raisons. Geraldo rosso raconte un spielberg « décousu, larmoyant, effondré, devant visiblement endosser une banqueroutte qui n’était pas de son ressort et stopper lui-même la production. Il en conçu une amertume, une noirceur dramatique et une douleur intime qui, si on observe son cinéma postérieur, n’a pas désempli. Je suis sûr qu’aujourd’hui encore le drame de cette production dantesque inachevée l’habite. Ce film fantôme fonde et hante tout son cinéma. Il n’a pas cessé de faire cette évangile dans toutes ses autres œuvres ».
    La vie réserve de terribles surprises des fois.
    Restent quelques merveilleuses photos, vestiges du projet de partenariat mort-né qui aurait pu entrer dans la légende du cinéma. Le résultat laisse rêveur. Le christ en E-T, non mais des fois...

     

     

     

    Shooting star a souhaité partager avec vous cette affaire en rassemblant deux morceaux d’articles déjà poussiéreux sur l’oubli du maitre des doigts brûlants, le finger master ou briquet vivant, « t’as du feu connard ? » comme ses amis le surnommaient à l’adolescence.


    exrait de  AVE Césaria magazine, 1991 date standard:



    « l'Évangile selon Éliott : St Mathieu  téléphone maison.
    ou l'adaptation secrète de l'Évangile de Pasolini de 1964.

    1975 : Pasolini au sommet touche le fond, tombe à pic, achève sa course. Le rapport d'autopsie est sans appel : mort.
    Le cinéma s'ébranle et débande.
    Son dernier projet en lice, inachevé, rejoignez le thème de son théorème. Pour une fois Pasolini souhaitait retrouver le théâtre populaire non pas égalitaire par l'excès de difficultés, et un théâtre-cinéma accessible à tous du fait d'un point d'entrée éloignée pour tout le monde : le protagoniste sera allégorique, et non pas humain.
    On retrouve malheureusement notre artiste mort, un synopsis brouillon en poche. Le personnel de morgue saisit la pépite et fait grincer les enchères du papelard doré du rebut de Rome.
    Un Américain mi-figue, mi-plein aux as s'en empare pour la modique somme de beaucoup trop.
    L'idée est sulfureuse, le jeu de la mort n'a qu'à bien se tenir, le posthume en costard est sur la pente raide, tapis rouge à l'écrasé. On prépare, on réfléchit, aucun chantier. Les idées traînent, la spirale et le spectre de l'argent sclérose, le dollar accélérant la mécanique.
    Ça stagne, ça s'endort, on abandonne en douce.
    Les droits restes, les écrits s'envolent sous clé dans une obscure salle d'archives d'état-major du cinéma. L'armée et la mafia s'y mouille dans des proportions pas possibles, le mort brûle toujours autant, son nom irrite.
    On cache encore, les années passent.
    en 80 Amblin déménage, grand nettoyage des casiers, archives déplacées, le papier Pasolini acquis à prix d'or écrit en italien se perd pour finir sur le bureau d'un producteur aux abois.
    Vendus. Celui-ci met les formes américaines, pourquoi pas un extraterrestre. La guerre froide est encore chaude, cela parle. Projet, préparation, faillite. Le jeune Spielberg a vent du défi et commande l'écriture d'une fable qui fera le bonheur des petits et grands. Il s'attaquera ensuite aux origines du monde, paradis terrestre selon Conan doyle avec Jurassic Park,  au diable-malin avec jaw, et quadrillera encore le temps avec minority report et amistad.
    Il sera partout de tout temps. Trêve de bidulerie fallacieuse :

    Pour paraphraser Godard Il arrive que l'histoire/la légende soit trop complexe, ici ringarde et libre de droit, le cinéma commercial la traduit donc de façon avalable.
    E-T, T2, Titanic : l'arrivée et le départ  du Christ pour les deux premiers, le jardin d'Éden corrigé avec sortie froide sans buffet pour le second.
    La Bible n'en finit pas de tenir le haut du pavé. Personne n'y jette donc la dernière pierre (ou bière, homer). La Bible comme monopole, ce n'est pas le contenu, mais le modèle du succès que l'on répète.
    L'industrie récupère les motifs du succès quel qu'il soit et les lime en brave artisane du politiquement correct. On anoblit l'underground en le rendant sonnant et trébuchet, fichtre misère.
    L'exercice hollywoodien par excellence est le déguisement. Au diapason des civilisations du maquillage-mensonges. Un film hollywoodien se jaugerait donc au pourcentage de Bible ou Torah intérieure.
    On étouffe de ce rêve bleu qui prend les chameaux pour des lanternes, n'en déplaise à jeff minter.
    E-T est brillant en ceci que l'on croise tout : l'extraterrestre est à la fois le Saint Esprit qui révèle au Christ (Éliott), le Christ lui-même, et Moïse qui surpasse le barrage, fend la mer et permet à son peuple de traverser derrière lui, dans le ciel, jusqu'en terre promise, au-delà du  FBI.
    De son côté Éliott est à la fois Isaac, Abraham, esau, le Christ. (???)
    C'est le miracle, le milliard biblique à l'état pur.
    E-T est la merveille du prototype hollywoodien, l'idéal en ce sens qu'il s'évertue à exposer une bible accessible.
    enturbané d’un suaire blanc/fichu paysan, doigt du miracle et du baptême, miracle envolé en vélo encore, le personnage dispense la bonne « soit sage » puis disparaît.
    Cette merveille démagogique eut un prix, dont on parle guère. Le rôle principal n’est pas tenu par un somalien bouffant de kwashiorkor et bouffé par la faim mais bel et bien par un extra-terrestre perdu dont AVE magazine a souhaité vous parler.
    Le film se soldat (mon commandant?) en franc succès mais l’acteur n’eut droit qu’à une seule cartouche et on ne le vit pour ainsi dire plus du tout.
    E-T, et avant cela le psolino’s project sois sage » furent toute sa vie, il ne parvint jamais  à sortir de ces rôles sur-mesure de prophètes aux yeux d’ange. »

     

    On constate que le récit de ce projet diffère beaucoup d'un journaliste à l'autre, projet entamé entre pasolini et spielberg, projet lancé à la mort de l'italien sur la base d'un script format mouchoir etc. l'hypothèse la plus probable reste la rencontre et le projet formalisé dont les photos témoignent.

    Revenons à  nos aliens.
    Voici au sujet du « projet pasolini » comme on l’appelle alors un autre bout d’article daté du  repêché-publié  dans CREON de dieux mag, revue antique:



     « Le tournage, repérage serait plus juste tant on ne tourna rien,  fut vraisemblablement un calvaire pour l’infortuné extra-terrien qui fourrait le pied dans une aventure dont  il ne se remettrait jamais tout à fait et que l’on découvre cerné, arborant un visage égal et écrasé sur les photos, harassé par un climat qui ne désemplit pas de soleil, auquel il n’est pas accoutumé, n’a même jamais été entrainé. Le soleil lui fend la peau plus qu’à l’habitude, ses inénarrables rides prennent un ton de canyons,  les interminables entrainements et exercices de prononciation d’italien ont raison de sa gorge et, disons-le simplement, de sa santé. Suite à cette série de photo E-T perd la vue et se voit déclaré inapte par la congrégation neptunienne de médecine universelle dont la réputation n’est plus à faire. Tel un Kitano il luttera d’arrache-pied contre tout ceux qui veulent le garder en retrait et le disent perdu pour les arts. Et dans ce métier de paria-menteurs, ils sont nombreux.
    Les photos ci-dessus exposent déjà une cornée impartialement brulée, l’œil amorphe qu’on lui connaitra par la suite. Il ne pourra plus jamais regarder ses partenaires précisément dans les yeux et tire une fois pour toute un trait sur la carrière de chirurgien obstétricien des amonglulphe vélacieux, au grand désarroi de ses célèbres parents, surtout sa mère qui avait encore bon espoir qu’il épouse la princesse leia, son amie d’enfance, une des rares anthropoïdes femelles à ne pas vomir en le voyant. L’histoire en a, comme chacun sait, décidé autrement,  par la suite celle-ci épousera han solo.
    E-T déjà vaincu des yeux digérera à nouveau mal la nouvelle. On le raconte furieux, mettant son appartement sans dessus-dessous, toujours caché derrière ses lunettes gainbarréennes, ray-charlesques--il ne supporte plus qu’on le regarde, vit dans le noir, les miroirs le torturent dit-il—et désespérément seul. En plus de mettre un coup au moral du bonhomme, ces afflictions, à la façon de la vieille blessure d’Arras de cyrano sonnet le glas de la carrière du prodige gesticulant : suite au triomphe d’E-T, variation romancée sur l’histoire de sa vie,  départ et sommet de son art, le zentradien facétieux qui collectionne maitresses et drogue malgré la cécité (et grâce à ses immenses naseaux par lesquels il enquillent les rails de coque à tirelarigot) doit définitivement arrêter le cinéma suite à une overdose occasionnant la paralysie de son cou, son atout fétiche depuis ses débuts  comique en one man show. On le verra dans une campagne pour malboro, la pire de la firme qui lui ferme la porte au nez quelques jours après l’impression des premières affiches. ET et ses bronches pourries: quelle idée les a piqué de prendre une telle égérie alors que les mouvements caritatifs de tout poil récupèrent déjà la gueule cancéreuse du pavillonné spatial comme icone de la lutte contre la faim en Afrique.
    C’est un ET brisé qui accorde en cascade des interviews à tous les vautours de la profession qui campent sur sa dépouille anticipée, interviews auxquelles il répond comme faire se peut, tordu, la minerve clouée à sa gorge comme une camisole. Son cou le fait atrocement souffrir, il enfle régulièrement de douleur et les crises de hurlements sont fréquentes. Sa botte secrète télescopique lui est redescendue jusqu’au talon d’achille décalotté. Comble des facéties de l’infortune son doigt ne brille plus. Pour allumer une cigarette il est obligé de demander à son domestique qui rappelle les recommandations du médecin contre lesquelles il peste,  s’emporte, invective, et fait dégager tout le monde. À l’aube du succès et au crépuscule de la vie c’est un être seul, recroquevillé, articulant douloureusement les tirades de ses anciens écrits, ses premiers gags comme par automatisme. Il aura passé en vain sa vie à vouloir être reconnu pour ses textes. Son génie comique, son talent dramatique : « des paillettes pour cochon » confie-t-il à un journaliste du times new herald arial pro, médusé par son état, qui notera cinglant ou attristé: « on ne saurait croire le tas qu’il est devenu. S’il cherchait à faire concurrence à jabba (the hutt, NDLR), c’est une franche réussite. »
    Le zentradi s’éteint le 12 xocuK ev, la veille du mémorial rendu à marylin monroe, son idole et son modèle de toujours pour ses 60 ans zerkzed.
    Sa correspondance nous apprendra la carrière porno zoophile, l’antraquanticosexualité qu’il n’osa jamais avouer ainsi que  son invraisemblable démultiplication de sexe. Opéré dans un ghetto de saturne mal famé, le BRONXiozor, dans un labo crasseux labo du genre joker (dans la région du burton) Le dérèglement hormonal expliquant sans doute sa soudaine et faramineuse prise de poids, il est, lueur du soir, espoir déçu, pressenti pour le rôle-titre du remake du BLOB en 88, rôle qui lui filera sous le nez comme tant d’autres, place à la nouvelle génération. Y a des animatroniques qui se perdent... on découvre également son viol, à 8 vlerjhg, par son soiketfh d’école.
    Le cauchemar est terminé, à l'age de 32 jlurks,  e=E-T peut dohhgjlukrmir tranquille. REST IN pueulfhgejv. »


    Que dire de plus, sinon qu’il nous manque tous. Quelques images de cette aventure inimaginable pour que le rêve dure encore un peu. Merci E-T, téléphone plus souvent, ciao l’artiste.

     

    cerné, visage monocorde et brisé comme dit l'article, pour un poète au sommet de son art que les amoureux du cinéma n'oublieront jamais.


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